S’il existe un partenaire essentiel et indispensable à tout investissement c’est bien les banques. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on les appelle « les maîtres du jeu ». Le rôle des banques est de financer l’économie. Leur soutien est d’autant plus important car sans financement on ne peut prétendre à un investissement et cela surtout dans le secteur de l’immobilier. En effet l’investissement dans l’immobilier est un placement à long terme qui nécessite une aide financière. Raison pour laquelle l’évolution croissante qu’a connue le secteur de l’immobilier au Maroc et notamment à Marrakech a été fortement soutenue par les banques. Le rythme de l’octroie de crédit immobilier a connu une hausse ces dernières années. La souplesse des banques quant aux emprunts immobiliers qui pouvaient aller jusqu’à hauteur de 70% de la valeur du bien a favorisé les transactions immobilières surtout à Marrakech où la bulle immobilière était devenue incontrôlable.
Malheureusement cette dynamique dans le secteur des transactions a été interrompue par la crise économique mondiale qui est venue déjouer toutes les pronostics. Elle a touché et affaibli tous les secteurs d’activités et surtout celui de l’immobilier.
On commence a noté une stagnation des ventes surtout dans le haut standing où les prix étaient devenus exorbitants au Maroc et n’étaient accessibles qu’à une élite de la société et les riches étrangers. Les prix commencent a baissé jusqu’à 20 voire 30 % du prix affiché. Les acheteurs se font rares et négocient les prix. Les projets immobiliers sont en stand by. C’est dans ce contexte de fragilité du secteur que les banques ont décidé de corriger ce qui était selon elles une anomalie dans le calcul des taux d’intérêts du crédit immobilier. En effet depuis 2007 le taux d’intérêt du crédit long terme était moins élevé que celui du moyen terme.
En effet avant cette correction le taux de référence pour le moyen terme était de 3,86 % et pour le long terme 3,57 %. Toutefois à partir du début octobre 2009 les taux sont élevés à 5,43% pour le moyen terme et 5,50% pour le long terme. Ce qui est plus logique car normalement l’intérêt sur les emprunts est engagé sur un temps relativement long en ce qui concerne les crédits à long terme. Et il est évident que presque toutes les banques ont appliqué cette nouvelle grille des taux. Même le taux conventionnel maximal a été revu à la hausse, et est passé de 14,17% à 14,40% du 1er avril au 31 mars 2010. Mais, pourquoi les banques attentent-elles justement le moment le moins adéquat pour augmenter les taux d’intérêts ? Est-ce une manière de réduire les crédits immobiliers ?
Il est clair qu’à travers cette hausse du crédit immobilier les banques cherchent aussi à assurer leur pérennité car elles sont en cours de liquidité ces derniers temps et les dépôts d’argent (de 6 à 12 mois) ont régressé. Une hausse des taux d’intérêt entraine une augmentation des commissions et les marges d’intermédiations deviennent plus consistantes. Quand au rythme d’octroie de crédit il est en baisse.
Mais alors à qui profite cette soit disant correction des taux ?